L'Internaute Magazine a posé au candidat les questions de ses lecteurs. Les réponses de François Bayrou.
Comment allez-vous M. Bayrou ?
Je vais très bien, je suis en pleine forme. Les deux semaines qui sont devant nous seront formidables à vivre parce que c'est le moment où le peuple français va décider. Et il va décider, je crois, de changer profondément le paysage politique français. Alors moi, ça me porte.
Voir l'extrait vidéo
 |
| "Je suis en pleine forme" |
Quelle est votre mesure la plus à gauche ou la plus à droite ?
Je ne sais pas ce que la gauche et la droite veulent dire à la vérité parce que pour moi tout se tient. La décision la plus marquante du point de vue social, il y en a deux à la vérité. La première, c'est d'augmenter toutes les petites retraites jusqu'à 90 % du Smic : elles sont aujourd'hui à quelque chose comme 600 euros, et donc c'est un effort très important en direction des gens qui ont travaillé toute leur vie et qui n'y arrivent pas. Et l'autre, c'est un grand plan de lutte contre l'exclusion, qui permettra de trouver à chaque personne au RMI une activité dans la société, qui lui permettra d'arrondir ses fins de mois et en même temps de faire face, de retrouver l'image d'elle-même, celle de quelqu'un de reconnu et non pas comme quelqu'un qui est resté sur le bord de la route. Voilà les deux mesures les plus… sociales, on va dire. Les mesures qui, autrement, sont des mesures en direction de l'entreprise : il y a les deux emplois sans avoir à payer de charges pendant cinq ans, sauf pour les retraites. Deux emplois par entreprise. Mais si c'est une mesure qu'on peut considérer comme en direction de l'entreprise, c'est aussi une mesure que moi je considère comme éminemment sociale.
Voir l'extrait vidéo
Vous prônez un gouvernement gauche-droite. Est-ce que vous en avez déjà la trame ou est-ce que ce n'est qu'une idéologie qui vous permettra de gagner un électorat ?
J'ai évidemment déjà en tête la trame de ce gouvernement. Et même des responsables politiques qui m'ont fait savoir qu'ils accepteraient d'en être mais qui ne peuvent pas le dire avant le 22 avril au soir. Parce que jusqu'au 22 avril au soir, chacun est dans son appareil. Si je suis, comme je le crois, sélectionné pour le second tour, sélectionné pour la finale, alors évidemment cela va se dégeler. Et tous ceux qui m'ont fait passer des signes discrets, secrets, tous ceux-là viendront. Et d'ailleurs les autres aussi, car vous vous rendez bien compte que si le peuple français, comme je le pense, décide de réaliser ce grand changement, tous les responsables politiques seront obligés de suivre, autrement ils perdront les élections législatives cinq semaines après. Donc c'est en effet une tenaille formidable pour tous ceux qui veulent faire changer les choses. Première décision le 6 mai. Deuxième décision le 10 juin. Voir l'extrait vidéo
Etes-vous prêt à participer à un débat sur Internet avec les candidats, même sans Nicolas Sarkozy ?
Moi, j'y suis prêt. Je trouve que, évidemment, cela a moins de sens. Mais il n'y a aucune raison de considérer que les Français doivent être privés de débat. Alors je ne sais pas pourquoi les choses ne bougent pas et n'avancent pas. J'ai dit deux choses. J'ai dit à Internet : " Organisez le débat dans la forme que vous voulez ". Mais un grand nombre de responsables de sites Internet m'ont dit, et c'est vrai, que ce n'est pas la culture Internet de ne prendre que les grands. La culture Internet, c'est de s'ouvrir à tout le monde. Très bien. Et puis j'ai dit aux chaînes de télévision : "Il n'y a rien de plus simple. Vous montez le débat. Vous dites que le débat aura lieu. Nous mettrons des pupitres avec les noms, si vous n'êtes pas là, votre pupitre demeurera vide. Et vous verrez que les gens viendront ". Et cependant, il y a une telle chape de plomb sur la vie politique française, qui verrouille tout, que parce que Sarkozy dit non, les choses n'ont pas lieu, donc voilà… Je trouve que c'est une preuve de plus qu'il faut déverrouiller tout ça. Qu'est-ce qu'ils ont à craindre de se montrer devant les Français ? Voir l'extrait vidéo
Comment voyez-vous la France dans cinq ans ?
Je vois la France dans cinq ans comme un pays qui a retrouvé son équilibre. Et qui a subitement découvert que la situation pouvait s'améliorer plus vite qu'on ne le croyait. Je suis très frappé par ce qu'il se passe en Allemagne. C'est le plus grand pays d'Europe, il est voisin du nôtre, on est frontalier, on se connaît bien. Ce qu'il se passe en Allemagne, c'est, en 18 mois, une amélioration de la situation qui était absolument inattendue, impensable. Simplement les électeurs allemands, qui sont malins, comme les électeurs français, ont obligé ces deux partis, qui ont passé 30 ans à se battre, à s'assoir autour de la table et à travailler ensemble pour le bien de l'Allemagne. La croissance était, il y a 18 mois, la plus basse d'Europe, elle est aujourd'hui la plus haute. Le commerce extérieur est en train de battre tous les records. Bref, c'est un pays qui a fait face à ses difficultés et qui y arrive. Eh bien je trouve qu'on devrait faire la même chose.
Voir l'extrait vidéo
Lire la suite: http://www.linternaute.com/actualite/presidentielle-2007/interview/francois-bayrou/video/19-retranscription.shtml