François Bayrou 62

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"Le gouvernement doit être rééquilibré: ses décisions ne sont pas à la hauteur des orientations!"

Publié le 28 Novembre 2012 par bayrou62 in Bayrou 2012


François Bayrou, invité de Jean-Michel Aphatie... par mouvementdemocrate

 

François Bayrou était l'invité de Jean-Michel Aphatie, mardi 27 novembre. Le leader centriste a estimé que « les décisions du gouvernement ne sont, pour l'instant, pas à la hauteur des orientations prises par le président de la République lors de sa conférence de presse ». « Les Français ont droit à être gouverné de façon plus équilibrée », a-t-il par ailleurs souligné.


« Le projet de nationalisation de Florange peut être envisagé à un certain nombre de conditions très précises. Mais avant, on est en droit de demander au gouvernement d'être un peu plus équilibré et d'agir un peu moins par foucades, par invectives, et d'agir un peu moins par ces mots qui sont insupportables pour l'entreprise et pour ses salariés », a jugé François Bayrou, agacé par l'attitude du ministre du Redressement productif. « Quand Arnaud Montebourg dit : 'Nous ne voulons plus de Mittal en France', vous vous rendez compte que nous avons plus de 20.000 salariés qui voient une menace supplémentaire venir sur leurs activités. Ce n'est pas la première fois, ça se multiplie et n'est jamais suivi de réalité. C'est une mauvaise manière de prendre des sujets qui sont, pourtant, parmi les plus graves et les plus difficiles que nous ayons à traiter », a-t-il pointé.

« Lorsque le ministre chargé de la Production et de l'Industrie en France dit 'Nous ne voulons plus de Mittal en France', il fait une faute. Comme elle est répétée, il y a quelque chose qu'il va absolument falloir changer, et que le gouvernement va devoir changer, car les Français ont droit à être gouverné de façon plus équilibrée », a poursuivi François Bayrou. Pour l'ancien candidat à la présidentielle, « il est de la responsabilité du premier ministre et du président de la République d'imposer au sein du gouvernement une manière d'être, une discipline, qui permettent aux Français d'être rassurés plutôt qu'inquiétés par ceux qui les gouvernent ».

« La vraie question pour Florange : industriellement, que peut-on faire ? »

Le Béarnais a également rappelé les préalables et les conséquences d'une nationalisation : « La nationalisation, n'est pas un but mais un moyen ! La vraie question est : industriellement, que peut-on faire ? Nous sommes dans une situation où tout le monde sait que la consommation d'acier s'effondre en Europe et que ce que nous exportons va être produits sur place dans un certain nombre d'autres marchés : Chine, Inde, etc. Nous avons un problème de surcapacité. Est-ce que ce que nous allons produire à Florange va trouver des clients ? Si cette production ne trouve pas son marché, nous allons nous retrouver avec ce site sur les bras. Dans les circonstances où nous sommes, alors qu'il n'y a pas d'argent, ce serait une situation extrêmement risquée », a-t-il détaillé.

Enfin, il ne faut pas oublier que « la nationalisation, partielle ou totale, obéit à des règles légales ». La première : une indemnisation juste et préalable. « À quel niveau va-t-on estimer l'ensemble du site ? », a interrogé François Bayrou. « Car nationaliser, cela voudrait dire acheter l'ensemble du site, à la fois la partie qui n'est pas jugée rentable par Mittal et celle qui l'est. Et comment va-t-on estimer cet ensemble ? Il y a des risques sur les finances publiques, qui demandent à être pris en compte de façon sérieuse », a poursuivi l'édile.

« Le gouvernement sera jugé non sur ses orientations, mais sur ses décisions ! »

Alors que Jean-Michel Aphatie rappelait le soutien de François Bayrou aux récentes orientations de François Hollande, le centriste a tenu à préciser sa ligne : « J'ai la liberté d'approuver et de soutenir, ou au contraire de désapprouver. J'ai approuvé les orientations de François Hollande mises en avant lors de sa conférence de presse. J'ai estimé qu'elles étaient justes et marquaient une rupture avec son projet présidentielle que, vous le savez, j'avais critiqué. Mais maintenant la question, c'est les décisions ».

« Autant j'approuve les orientations, autant je suis – comme beaucoup de Français – sur ma faim en ce qui concerne les décisions qui vont être prises. On a annoncé 20 milliards d'économies. Pour l'instant, personne ne sait dans quels domaines ces économies vont être faites ! Quelles sont les redéfinitions, les restructurations, la réforme que l'on est obligé d'appliquer à l'État, pour que ces économies puissent être faites ? », a-t-il pointé. « C'est une tâche de grande ampleur et nous n'avons pas l'impression aujourd'hui que les décisions sont à la hauteur des orientations. C'est sur ces décisions là que le gouvernement va être jugé, à partir des orientations que, je le répète, j'estime justes depuis la conférence de presse », a jugé François Bayrou.

UMP : « Un épisode négatif pour toute la classe politique »

En pleine crise de la droite, François Bayrou a rappelé avoir « critiqué l'UMP sur son principe, dès sa fondation à Toulouse, devant ses membres ». « Dix ans après, on voit ce qu'il en est. La situation est affreuse pour tout le monde. Je ne crois pas que cette crise profite aux mouvements démocratiques. Si elle profite à quelqu'un, c'est à l'extrême droite », a-t-il déploré.

« Vous le voyez bien : il y a chez un très grand nombre d'électeurs, de citoyens, un sentiment d'écoeurement ou de lassitude à l'égard de pratiques dont on voit bien qu'elles sont tout sauf transparentes, un sentiment que le monde politique s'occupe de ses problèmes, de ses avantages, de ses privilèges, et pas des problèmes des Français », a-t-il exprimé.

Alors que le journaliste sollicitait son opinion sur la suite de ce triste épisode, François Bayrou a donné son point de vue « d'observateur » : « J'ai l'impression qu'on se dirige vers un nouveau vote, puisque Nicolas Sarkozy s'est exprimé en ce sens et qu'il a à l'intérieur du mouvement un poids. Tout comme Alain Juppé et un certain nombre de responsables très importants, ont dit qu'il va falloir revoter. J'ai l'impression que cette solution va s'imposer », a-t-il estimé. Mais, quoi qu'il advienne, « ceci est un épisode négatif pour l'ensemble de la classe politique en France », a-t-il analysé : « Toutes les règles qui organisent la démocratie sont à revoir. On ne peut pas continuer comme ça ! »

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