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Jeudi 19 novembre 2009
Jean-Luc Bennahmias

Au moment où l'expression de la crise sociale se fait de plus en plus intense auprès des Français, le projet du gouvernement tendant à fiscaliser les indemnités journalières des accidents du travail de courtes durée est à l'évidence un nouveau coup dur porté au pouvoir d'achat des plus précaires.

Pour Jean-Luc Bennahmias, député européen et vice-président du Mouvement Démocrate, la majorité présidentielle marque une nouvelle fois l'absence manifeste de considération qu'elle porte aux victimes du monde du travail. Surtout, elle poursuit un dogme idéologique très dangereux pour notre modèle social, qui consiste à minimiser autant que possible la contribution des plus riches à l'effort de solidarité nationale (bouclier fiscal notamment), tout en maximisant à l'excès celles des plus faibles.

En définitive, la fiscalisation des indemnités journalières des accidents du travail n’est que le prolongement logique et cohérent d’autres mesures tout aussi indignes de la tradition sociale française : les franchises médicales, les déremboursements de médicaments, les fermetures d’infrastructures hospitalières publiques et territoriales…

Rien ne justifie un désengagement aussi brutal de l’Etat vis-à-vis de son devoir de solidarité nationale.

Le gouvernement serait mieux inspiré de consolider la position des acteurs de l’économie sociale sur les marchés de la prévoyance et de l’assurance. C’est en développant le tiers secteur (étranger aux logiques actionnariales et capitalistiques) que l’on pourra bâtir une protection sociale durable… pas en ponctionnant chaque jour davantage les victimes de la crise !

Par bayrou62 - Publié dans : Mouvement Démocrate - Communauté : François BAYROU
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Lundi 16 novembre 2009
Marielle de Sarnez

Marielle de Sarnez, députée européenne et première vice-présidente du Mouvement Démocrate, est intervenue samedi 14 novembre sur le thème de l'école et de l'enseignement, lors des rencontres politiques de Dijon.



"Chers amis,

Au mois d'août, nous avons eu une première rencontre à Marseille, qui a fait quelque bruit, parce qu'elle bousculait. Elle bousculait des habitudes, des routines, des a priori, des conservatismes. Nous en étions conscients lorsque nous avons accepté de parler ensemble, de dire : si nous voulons que ça change, si nous trouvons que notre pays ne va pas dans le bon sens, alors quelque chose nous rassemble. Et si nous sommes républicains et démocrates, épris de justice, alors ce qui nous rassemble doit être plus fort que ce qui nous sépare. Et ce rassemblement ne s'arrêtera pas.

Nous avons une vérité à l’esprit, de plus en plus évidente : aucun d’entre nous ne gagnera tout seul. Nous avons pu croire le contraire par le passé. Certains d’entre nous ont même pu réaliser ce rêve. Certains n’en ont pas été loin. Mais désormais, cela est derrière nous. L’étude publiée par Libération cette semaine le dit de la manière la plus criante : le clivage droite/gauche, même si, évidemment, je ne confonds pas les deux, n’est plus pertinent pour les deux tiers des Français ! Et à l’intérieur même de ceux qui croient toujours à ce clivage, les préférences partisanes sont elles-mêmes complètement éclatées.

En tout cas, pour moi, ceci est une certitude : personne ne gagnera tout seul.

J’ai une deuxième certitude : pour gagner, il faudra mobiliser toutes les forces disponibles. Tous les républicains, tous les démocrates, quelle que soit leur préférence de parti, leur histoire, doivent peu à peu être rendus compatibles les uns avec les autres.

Ce ne sera pas difficile : en fait, ce ne sont pas les idées qui séparent, ce sont les préjugés. Ce ne sera pas difficile, à une condition : c’est qu’on apprenne à se respecter et à se parler. Autrement, les forces d’alternance apparaîtront comme éclatées, explosées, incapables de tracer un chemin convaincant pour le pays.

Et c’est pourquoi nous sommes là.

J’ajoute une dernière condition. Il faut accepter la différence. Il faut accepter que tout le monde ne pense pas la même chose. Il faut accepter de parler, de réfléchir, y compris avec des gens qui pensent tout à fait différemment. Pourvu qu’ils acceptent le but commun. La différence n’est pas à craindre, si elle conduit au dialogue, à l’échange des idées ! Ce qui est à craindre, ce qui est à redouter, c’est le sectarisme, le préjugé qui fait proclamer : « je ne vais tout de même pas discuter avec celui-là, ou avec celle-là ! » 

Notre conviction à nous, c’est qu’il y a beaucoup à apprendre dans le dialogue des différences et même des divergences. Car nous avons la charge de reconstruire ensemble un pays qui ne va pas bien et de ce pays nous sommes tous citoyens, coresponsables de l’alternance.

C’est particulièrement vrai en matière d’école.

Pouvons-nous accepter que la situation de l’École continue sans changement ? Pour moi la réponse est certainement non.

Je laisse à d’autres le procès en responsabilité. Les ministres de l’éducation des deux dernières décennies s’appellent Lionel Jospin, Jack Lang, François Bayrou, Claude Allègre, Luc Ferry, François Fillon, Gilles de Robien, Xavier Darcos, aujourd’hui Luc Chatel. J’étais moi-même la directrice de cabinet de François Bayrou rue de Grenelle. Si c’était facile de changer les choses dans le bon sens à l’Éducation nationale, ça se saurait.

Mais nous ne pouvons accepter d’en rester là. Nous ne pouvons accepter d’en rester à la situation d’aujourd’hui ! C’est, à juste titre, le premier budget de la nation. Mais les résultats sont purement et simplement impossibles à accepter pour des Républicains, pour le peuple français.

Il est impossible d’accepter que nous ayons chaque année 40 % des enfants, c’est à dire près de 300.000 élèves, qui ne maîtrisent pas la lecture à l’issue de l’école primaire !  25 % qui déchiffrent, mais ne comprennent pas la substance d’un texte et 15 % qui n’arrivent même pas à déchiffrer. Et si vous projetez ces 40 % cinq ou six ans après, vous les retrouvez tous ou presque dans la galère : 15 % en échec total qui sortent du système éducatif, à la fin de la 3 ème, sans diplôme ; 25 % à la peine, sans qualification réelle… Comme si le destin scolaire était fixé dès le plus jeune âge.

Ce n’est pas cela l’école de la République !

Et regardons à quel point la situation des enseignants s’est dégradée. En quelques années, on est passé de 15 % seulement  des enseignants qui souhaitaient changer de métier,  à 65 % aujourd’hui. Et un concours - le CAPES de Lettres, pour ne prendre qu’un exemple -  qui attirait, il y a 10 ans, 12.000 candidats, en compte moins du tiers aujourd’hui.

Ce n’est pas cela non plus, l’école de la République ! 

J’ai pris ces deux exemples, mais nous pourrions tous les multiplier.

Or je crois, même si je suis condamnée pour optimisme outrancier, que cette situation n’est en rien irréversible, à condition de faire des choix nécessaires et simples.

Choix nécessaires et simples. Il faut arrêter de triturer constamment l’organisation scolaire, d’empiler réformes sur réformes, dont tout le monde sait qu’elles ne seront pas mises en place et, le seraient-elles, qu’elles ne changeraient rien.

Il faut partir des fondations. La question la plus importante est la réussite de l’école maternelle et primaire. Je ne sépare pas l’école maternelle de l’école primaire. Je ne suis pas de ceux qui voient dans l’école maternelle une garderie, et dans les maîtres des puériculteurs ou puéricultrices dont l’essentiel du travail est de changer les couches. C’est vrai que l’école maternelle est une originalité française et je la trouve juste. La vocation de l’école maternelle, qui est une école, et maternelle au sens de la compréhension, de la protection de l’enfant, c’est de répondre aux inégalités culturelles et sociales. C’est d’amener les enfants, par une maîtrise précoce de la langue, à vivre ensemble, tout en éveillant leurs capacités.

Je suis désolée de le dire : il ne peut pas y avoir de débat sur l’objectif de l’école primaire. Il ne doit pas y en avoir. L’objectif de l’école primaire, en-dehors des très rares enfants en situation de grande difficulté, ce doit être de donner les bagages nécessaires à tous, 100 %, pour la vie et la suite des études. L’objectif, c’est 100 % de lecture, plus que jamais. Car contrairement à ce que l’on pouvait penser il y a quelques années, on en aura toujours besoin : pensez au monde internet. 100 % d’écriture. 100 % de connaissance des nombres. Et je veux ajouter 100 % de sport et 100 % d’une activité artistique, en mettant l’accent en particulier sur la musique, trop absente de la France.

Ceci doit conduire à modifier l’organisation de l’année scolaire. Elle n’est en France que de 144 jours par an (4 jours pendant 36 semaines) alors qu’elle est en Europe, en moyenne, de 185 jours. La journée des écoliers français est la plus longue du monde, mais nos écoles sont fermées la moitié de l’année. L’objectif que nous devons nous fixer est de parvenir en quelques années à rejoindre la moyenne européenne. Alors, je sais bien que nombreux seront les acteurs économiques qui interviendront pour que rien ne change, des stations de sports d’hiver aux gîtes ruraux. Mais cette réforme doit être conduite. La journée de travail scolaire doit être allégée pour l’enfant, et pour les professeurs afin qu’ils puissent enseigner, à un meilleur rythme. 

Voyez-vous, j’observe les débats éducatifs depuis quinze ans. Et je vois qu’il y a de larges débats, passionnés, brûlants entre, pour simplifier, ceux qui disent "l’enseignement valide repose sur des contenus solides et maîtrisés", et ceux qui disent "l’enseignement valide c’est celui qui épanouit la personnalité".

Je ne suis pas du sérail. Et voir ce débat qui n’en finit jamais m’a toujours laissée rêveuse. Mais j’ai une opinion sur ce sujet : l’enseignement valide c’est celui qui unit les deux ! " Connaissance solide et compréhension" chaleureuse.

Il faut des connaissances solides pour construire un jugement, une compétence, une conscience (et pour moi c’est le dernier mot qui est le plus important : je devrais même dire une conscience civique). Et il faut que s’épanouisse, cela manque trop en France, la créativité de chaque fille, de chaque femme, de chaque garçon, de chaque homme. La créativité artistique, la créativité de recherche, la créativité économique, la créativité du savoir, tout cela en réalité est lié. C’est dans la création, l’inventivité, que l’être humain trouve son plein épanouissement, et le pays qui les rassemble aussi.

Dans ce que la République doit à ses jeunes enfants pour qu’ils accèdent à l’autonomie, je veux insister devant vous sur la langue. La langue, c’est le pouvoir et c’est la vie. L’expression des émotions, la présentation de soi-même, l’empathie, l’autorité, la reconnaissance, le rire, l’analyse, tout cela, c’est la langue. La langue, c’est le nécessaire et presque le suffisant. Elle doit donc être au sens propre la priorité, puisqu’elle concentre en une seule démarche connaissance et création.

Et il me semble que ceux qui exercent le pouvoir ne l’ont pas vraiment compris puisqu’ils nous expliquent que pour redorer la filière littéraire, on va en faire une filière internationale ! C’est-à-dire une filière qui vaudra non pas par la maîtrise de notre langue mais par la maîtrise des langues étrangères… Or le droit, la psychologie, la réflexion, la philosophie, tout cela est langue et devrait servir de facteur commun à toutes les formations.

Nous voulons une École où plus un seul enfant ne soit en situation de fragilité ou d’échec en face de la langue. Nous voulons une École où plus un seul élève ne sorte du CE1 sans savoir lire. Pour parvenir à cet objectif, il faudra concentrer les efforts sur le cycle des apprentissages fondamentaux (Grande section de maternelle, CP et CE1). Mettre le paquet sur le repérage et la remédiation dès le pré-élémentaire. Pratiquer le dédoublement de la classe et la gestion par petits groupes en cours préparatoire. Expérimenter des formes nouvelles d’organisation : par exemple, un enseignant pourrait garder la même classe pendant deux ou trois ans. Fixer clairement des obligations de résultats à atteindre à la fin du CE1. Généraliser les évaluations comparatives. Les mettre au service des enseignants. Publier et répandre les bonnes pratiques.

Bref, il faudra une mobilisation de tous contre l’échec scolaire pour éviter à l’avenir que ne rentrent chaque année au collège des milliers de jeunes qu’on envoie dans le mur, dont on sait par avance que la scolarité sera plombée, et qui se retrouveront quelques années plus tard durablement au chômage. S’il y a un défi que nous devons relever ensemble, c’est bien celui-là. Et c’est pour moi de loin le plus essentiel. Si nous parvenons à inverser cette tendance, alors nous aurons fait œuvre utile pour le pays.

Cette mobilisation, il nous faudra la poursuivre au collège : un collège où l’on refuse la sélection précoce, que nous avons connu en France jusqu’aux années 70, et cependant où l’on reconnaisse la diversité des élèves face à l’enseignement scolaire.

Je pense toujours que la proposition que nous avions faite au milieu des années 90 d’un "collège hors les murs", qui proposerait tout autre type de formation que le cours qu’on subit pour ceux des élèves qui subissent, est toujours d’actualité. Je rappelle la règle que nous avions proposée : que cet "enseignement actif", par la passion et les vraies aptitudes de l’élève, par le geste, par l’art, par la mécanique, par le sport, par le théâtre, puisse à des carrefours clairement balisés permettre à ces élèves de retrouver la scolarisation classique.

On me dira : mais pourquoi ne pas proposer ce type de scolarisation à tous. Pour deux raisons : parce que je sais que, dans un pays en grave difficulté financière, et où l’enseignement secondaire est déjà un des plus chers du monde, nous n’aurons pas les moyens, et parce que je ne trouve pas stupide de donner plus à ceux qui ont le plus besoin.

Le collège doit donc être différencié au profit de ceux qui s’y trouvent actuellement en situation de blocage et donc des enseignants qui eux aussi sont à cours de réponses.

De même l’enseignement professionnel doit être revalorisé pour que l’orientation vers cette filière ne soit plus vécue comme une forme de déclassement pour l’élève et sa famille. Ce qui est pour le moins paradoxal quand on sait que des qualifications de plus en plus élevées sont exigées aujourd’hui pour exercer nombre de métiers. Désormais, il faut maîtriser  l’informatique, la technologie, avoir en même temps de solides acquis en matière de culture générale. Ces nouvelles exigences sont autant d’opportunités nouvelles pour la voie professionnelle, dont il faut tout faire pour qu’elle devienne la filière du plein emploi, notamment en adaptant mieux l’offre de formation aux débouchés professionnels. 

J’en viens au lycée qui a seulement moi deux fonctions : construire une architecture de connaissances et de capacités, dans ses voies générales, techniques, professionnelles qui soit déjà consistante et reconnue. Donc armer pour la vie. Et préparer aux enseignements supérieurs, universités, recherche, écoles, mais aussi BTS ou IUT dont il faut augmenter le nombre de places pour que davantage de jeunes en bénéficient, en particulier ceux de l’enseignement  professionnel et technologique. Il est en effet inacceptable que les places en IUT soient trustées par les bacheliers de la série S,  contraignant les bacheliers professionnels ou technologiques à faire un choix par défaut en s’inscrivant en universités où ils se retrouvent le plus souvent en situation d’échec.

Le lycée, ce n’est pas seulement un lieu de passage. C’est un niveau de formation qui doit trouver sa reconnaissance en tant que tel. Je crois même que ce niveau devrait être plus exigeant.

La double finalité du baccalauréat mérite d’être ainsi repensée, même si je m’avancerai avec beaucoup de prudence sur ce terrain, symboliquement dangereux. Mais permettez moi de dire simplement que 86 % de reçus à l’examen, cela ne me paraît pas très cohérent avec plus de 50 % d’échec par la suite… Et une épreuve aussi lourde sanctionnée par 15 % de candidats ajournés, cela me paraît assez peu raisonnable.

Ce débat nous le reprendrons quand nous aborderons la question de l’enseignement supérieur et de la recherche. Question pour moi essentielle, tant je crois que la recherche doit être centrale dans tout parcours universitaire, et que tout le monde gagnerait à ce que soient pris en compte les parcours de recherche dans le recrutement des cadres de la nation ou de l’entreprise.

En parcourant le système éducatif de la maternelle à la terminale, je ne vois que des défis accessibles.

On me dira que je n’ai qu’effleuré la question des moyens.

Je la traite devant vous. L’état des finances publiques est tel que quiconque vous promettra pléthore de moyens supplémentaires vous racontera des histoires. Et cependant je crois que le meilleur investissement pour la nation, c’est la sécurité morale et matérielle d’une école, d’un collège, d’un lycée général, technique ou professionnel. Je crois à l’amélioration, quand on le pourra de la situation des enseignants, à la création de parcours qui leur permettent de bouger, professionnellement, s’ils le souhaitent. Je crois qu’il faut leur faire confiance, les aider en leur fixant des objectifs clairs,en  mutualisant les bonnes pratiques, en donnant plus de liberté au terrain, en favorisant la créativité. Je crois à la place de musiciens, de plasticiens, de sportifs qui se joindront à eux. Je crois que ce fonctionnement, c’est le meilleur investissement. Il faut le protéger et résister à Bercy qui veut, toujours, couper dans l’éducation pour équilibrer ses comptes, comme on le voit depuis des années. Notre école a besoin de sérénité, de stabilité, et de la garantie qu’elle aura les moyens de sa mission. C’est  l’engagement que nous prenons aujourd’hui devant vous.

Pardonnez-moi d’avoir livré devant vous une vision personnelle. C’est celle d’une femme que la vie a conduite rue de Grenelle, où elle a été très heureuse, en même temps qu’elle était parente d’élèves, et qui est fascinée par l’attente justifiée que la société investit dans son école.

J’ai conscience que cette vision n’est pas unanimement partagée. C’est très bien. Je plaide pour la diversité. Je plaide pour le pluralisme de la pensée. C’est ainsi qu’on progresse, par le débat et le respect mutuels. Je disais en commençant que ce qui nous rassemble existe, aussi différents que nous soyons. J’ai une autre certitude : ce que nous avons à faire est plus grand que nous, que nos intérêts, d’idéologie ou de parti ou de carrière. C’est peut-être la dernière chance de retrouver la vocation et la reconnaissance de l’école de la République, qui est pour moi, formatrice de liberté, vrai moyen de l’égalité, vrai lieu de fraternité.

Autrement dit, l’École c’est le visage de l’identité républicaine, qui est pour moi, et je crois pour nous, le vrai nom, non déformable, non instrumentalisable de l’identité nationale."

Marielle de Sarnez

Téléchargez ici le discours de Marielle de Sarnez
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Dimanche 15 novembre 2009
François Bayrou

François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate était l'invité de Laurent Bazin sur iTélé, jeudi 12 novembre.

François Bayrou s'est exprimé sur la campagne de vaccination contre la grippe A, sur les déclarations d'Eric Raoult à l'encontre de l'écrivaine Marie Ndiaye, sur la célébration franco-allemande du 11 novembre, sur la future présidence de l'Union européenne, et sur la probabilité d'une manipulation des sondages par le pouvoir.

François Bayrou est enfin revenu sur les élections régionales où le Mouvement Démocrate aura des listes autonomes au premier tour, tout en prônant une alternance indispensable pour la France en 2012.

Sur les sondages commandés par l'Elysée : le Président du Mouvement Démocrate a estimé "normal" et "nécessaire" le principe d'une commission d'enquête sur les sondages de l'Elysée, en invoquant un "problème démocratique profond".

"L'exécutif vit avec l'argent du budget des Français et il n'y a donc rien non seulement de plus normal mais de plus nécessaire que de voir le parlement enquêter pour savoir ce que l'on fait de cet argent", a-t-il affirmé, ajoutant "si le parlement n'est pas là pour contrôler l'exécutif, à quoi sert-il?".

"Je l'ai dit pendant la campagne présidentielle (...) il y a en France une utilisation anormale de l'argent consacré aux sondages et je suis persuadé que c'est un problème démocratique profond", a-t-il ajouté. "On a donc raison d'aller regarder de près la manière dont l'Elysée utilise l'argent des sondages".

"Il n'est pas sain que les instituts de sondages doivent considérer l'exécutif comme un client". "Que l'exécutif soit le plus gros clients de beaucoup d'instituts de sondages, il y a là quelque chose qui fausse les choses et les perspectives", a-t-il conclu sur ce sujet.

Sur les propops d'Eric Raoult à l'encontre de l'écrivaine Marie Ndiaye : François Bayrou a affirmé que "le devoir d'un écrivain, c'est de s'exprimer en toute liberté. Ce n'est pas un devoir de réserve, c'est un devoir de liberté".

"Qui sont ces gens qui veulent perpétuellement verrouiller la parole de ceux dont le devoir est de prendre la parole", a jugé François Bayrou.

Il a estimé n'être "pas choqué" par la teneur des propos de Mme NDiaye, même s'il ne "partage pas pour autant les adjectifs". "Quand un écrivain s'exprime, il peut avoir comme d'autres des écarts, de la colère".

"Mais je dis qu'un responsable politique UMP qui veut faire taire un intellectuel, c'est ne rien comprendre à ce qu'est la démocratie de l'esprit dans un pays", a précisé François Bayrou, ajoutant que "la démocratie de l'esprit, ça oblige à considérer qu'un écrivain, une femme ou un homme libre de sa pensée et de son expression, a la devoir de s'exprimer. On n'est pas dans un pays où on verrouille", a-t-il poursuivi.

"La France de Nicolas Sarkozy dérive en ce qu'elle ne respecte pas un certain nombre de principes auxquels nous sommes tous très attachés", a-t-il conclu.

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Samedi 14 novembre 2009
Robert Rochefort

« Je continue à penser que le grand emprunt est une erreur compte tenu du niveau actuel de la dette et de la charge qu'elle représente » a déclaré Robert Rochefort, député européen du Mouvement Démocrate, suite aux décisions diffusées par voix de presse de la commission Juppé-Rocard. « 20 ou 35 milliards, c'est encore beaucoup trop. Tout se passe comme si l'on oubliait la dérive de notre déficit public, alors que Bruxelles nous le rappelle à juste titre », a-t-il précisé.

« Comme François Bayrou l'avait évoqué à François Fillon le 4 novembre lors d'une rencontre à laquelle je participais, nous serons vigilants au Mouvement Démocrate à ce que l'emprunt ne serve pas à redonner des marges de manoeuvre à l'Etat mais permette bien de développer des projets ayant trait aux technologies de l'avenir. Il est hors de question de financer des projets publiques qui seraient du ressort du budget général « classique » de l'Etat et qui viendraient alimenter la dette.»

Robert Rochefort approuve par ailleurs « la proposition d’une mission spécifique pour le pilotage » et suggère de « confier la gestion des fonds à destination des entreprises à une structure spécialisée semblable à Oséo composée de professionnels à même de mesurer le retour sur investissement. »

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Dimanche 8 novembre 2009
Robert Rochefort, député européen du Mouvement Démocrate, revient sur la ratification du Traité de Lisbonne par la République tchèque, ouvrant la voie aux nouvelles dispositions institutionnelles de l'Union européenne.

Pour Robert Rochefort, si cette ratification est "une très bonne nouvelle", il apparaît nécessaire que l'Union se dote d'une réelle "volonté politique" en vue de faire face aux puissances régionales montantes comme la Chine ou l'Inde.
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Vendredi 6 novembre 2009
François Bayrou

Invité de l'émission "Les 4 Vérités" sur France 2, jeudi 5 novembre, François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate, est revenu sur le dérapage de la dette et la situation incontrôlable des finances en France.

Jugeant la gouvernance de Nicolas Sarkozy, François Bayrou a rappelé le besoin que des voix libres s'expriment pour le bien du pays, à contrario des voix asservies. Il s'est aussi exprimé sur la séparation des pouvoirs, la future présidence de l'Union européenne, et sur le couvre-feu pour les mineurs délinquants.


France 2 : Bonjour, François Bayrou.

François Bayrou : Bonjour.

Demain cela fera exactement deux ans et demi que Nicolas Sarkozy est à l’Elysée, c’est-à-dire qu’on est à mi-mandat ; l’Elysée a d’ailleurs publié cette nuit une série de précisions sur son action, on va en parler, mais d’abord quel bilan faites-vous de ces deux ans et demi à l’Elysée ?

Il y a deux juges qui ne se trompent pas, c’est d’abord la situation du pays, les finances du pays qui sont dans une situation de dérive dangereuse sans précédent ; et le deuxième c’est le jugement des Français : comme beaucoup d’enquêtes le rappellent, leur déception est à la mesure des espoirs qui avaient été mis dans l’élection de Nicolas Sarkozy.

Mais comment vous vous l’expliquez ?

Il y a la manière dont le pouvoir est exercé par le président de la République, et c’est une manière qui ne respecte pas les principes qui sont les nôtres, depuis à peu près tous les présidents de la Ve République.

Par exemple ?

Je ne veux pas revenir sur des polémiques, je vois à votre sourire que vous savez exactement de quoi il s’agit...

…Non j’aurais préféré que vous me le disiez…

Exemple : l’installation dans tous les postes de pouvoir, économique financier médiatique de proches du président, choisis par lui, c’est quelque chose qui ne respecte pas la volonté de séparation des pouvoirs. Mettre la main sur la justice, ce n’est pas respecter la séparation des pouvoirs, et ainsi de suite… Mais il n’est pas question d’entrer dans la polémique. C’est la situation du pays qui doit être jugée impartialement, et tous ceux qui s’y intéressent expriment une inquiétude, qui est une inquiétude dont je ne me souviens pas avoir vu pareil dans le passé

Vous pensez que les choses se sont dégradées, depuis deux ans et demi ?

Il ne faut pas nier que la crise a une part de responsabilité ; mais il y a eu des choix qui sont des choix de fuite en avant, et dont on verra dans les mois qui viennent à quel point ils compromettent l’avenir du pays. Il n’y a pas d’avenir sans équilibre ; aujourd’hui cet équilibre est très largement mis en danger par les choix qui ont été faits, et je crois que quiconque prit au sein de la majorité, dans la droite républicaine, sait très bien cela.

Cela explique les divisions à droite ?

Oui, ça peut expliquer les divisions à droite, comme les nuances -que vous soulevez- entre, par exemple, François Fillon et Nicolas Sarkozy...

Mais est-ce que vous pensez qu’il y a un danger pour la démocratie en France ?

Il y a un danger pour les principes républicains ; il y a un danger pour l’équilibre du pays et l’équilibre et les principes, cela devrait être les deux buts de l’action de ceux qui sont au pouvoir.

Vous parliez de nomination ; dans les précisions apportées cette nuit par l’Elysée, on parle du cas Jean Sarkozy. Nicolas Sarkozy dit qu’il regrette d’avoir voulu présenter son fils à cette fonction…

Oui, il dit même qu’il a fait une erreur et c’est le moins qu’on puisse dire ; et quand vous voyez une déclaration de cette ordre à ce moment-là, vous jugez le caractère pernicieux de la mise sous tutelle de la totalité de l’UMP ! Parce que vous vous souvenez quand cette décision a été prise ? À l’intérieur du parti au pouvoir, tout le monde disait « c’est formidable, le fils d’un génie ne peut être qu’un génie, et c’est probablement la meilleure initiative pour la jeunesse »… Ce qui faisait se gondoler la totalité des jeunes Français qui rament tant, et vous voyez que cette situation montre qu’une voie libre, capable de dire vous vous trompez, c’est au fond le meilleur service à rendre au pays…

…Cette voix, c’est vous ?

J’en porte une qui dit de la manière la plus objective possible -et sans acrimonie personnelle, ce que pendant longtemps on n’a pas cru- ce qu’est la situation du pays. Les voix libres rendent davantage de service dans une situation que nous connaissons, plutôt que les voix asservies qui servent de serpillières du pouvoir !

Il y a eu un dossier assez sensible cet été, celui des sondages de l’Elysée qu’on retrouve dans la presse. L’Elysée veut de la transparence, c’est une bonne chose ?

Vous vous souvenez ce qui a été dit, quand je me suis exprimé sur cette affaire ? On a dit « mais enfin, il voit des complots partout ! » ; mais la situation créée en France par la mainmise de l’exécutif, son influence sur les instituts de sondage par l’achat par millions et par millions de sondages d’opinion, est quelque chose qui n’est pas normal dans les principes qu’on devrait respecter, et qui touche à la séparation des pouvoirs, qui touche aussi au monde médiatique et au monde des puissants… On voit aujourd’hui à quel point ceux qui s’en inquiétaient avaient finalement raison.

Sur le grand emprunt, Nicolas Sarkozy semble avoir tranché : ce sera entre 25 et 50 milliards. Cela vous paraît raisonnable ?

C’est déjà mieux que 100. Les finances de la France sont hors-contrôle, l’avalanche est partie, la boule de neige roule, et on ne sait pas faire en sorte d’éviter le dérapage auquel nous paraissons condamner. Je vous donne un chiffre qui vous fera comprendre : aujourd’hui, la totalité de l’impôt sur le revenu payé par les Français couvre à peine les intérêts de la dette ! Dans 3 ans, il en couvrira la moitié ; il faudra deux fois plus que la totalité de l’impôt sur le revenu pour payer la totalité de la dette. Cela veut dire que nous n’avons plus de marge de manœuvre ; cela veut dire qu’on a mangé -à cause de ce dérapage de déficits et de dettes que j’ai si souvent montré du doigt- la totalité de la marge de manœuvre des Français, de ce qui est produit et de ce qui sera dans la décennie qui vient.

Autre dossier sensible, la proposition de Brice Hortefeux d’organiser un couvre-feu pour les mineurs délinquants, cela vous paraît une solution ?

Le bons sens, c’est que les parents s’occupent des enfants, et que à 12 ans, il vaut mieux qu’à minuit on soit dans son lit, si on doit aller à l’école le lendemain plutôt que de traîner dans les rues. Mais encore une fois, vous voyez la distance entre les déclarations et les actes. Parce que tous les syndicats de policiers et de magistrats ont dit « mais comment on va faire ? ». En réalité, ceci est inapplicable, c’est une déclaration verbale destinée à faire de la pub, et non à changer la législation.

En ce qui concerne l’Europe, il y a un président de l’Europe qui va être choisi. Qui vous paraît le mieux placé ?

Si j’étais en position de choisir un gouvernement, je me poserais deux questions : qui a l’expérience, et qui sait comment fonctionne l’Europe, et ce qu’il peut lui apporter ? Deuxième question : qui veut que l’Europe avance ensemble, et pas chacun dans son coin ? On dit, en langage européen, « politique communautaire », et non pas intergouvernementale !

Cela ressemble au profil du Premier ministre Jean-Claude Junker ? C’est votre favori ?

Et bien vous voyez que les portraits robots désignent parfois des hommes qui ont la capacité, la puissance de travail, de porter un projet aussi important que le projet européen.

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Jeudi 5 novembre 2009
François Bayrou

Suite à une réunion à Matignon, mercredi 4 novembre, François Bayrou a mis en garde le gouvernement contre le "dérapage" des finances publiques.

Le Président du Mouvement Démocrate a également affirmé que "la raison" voudrait que le gouvernement "renonce" à son projet de grand emprunt.

"La situation est une situation de dérapage absolu. On ne peut pas imaginer un grand emprunt sans réfléchir à la situation qui est celle du pays aujourd'hui", a-t-il encore précisé.

François Bayrou a encore ajouté : "Aujourd'hui la charge de la dette c'est l'équivalent de la totalité de l'impôt sur le revenu des Français" ; "sur ce rythme là, on va à une catastrophe que probablement on sous-estime".

"J'ai dit au Premier ministre que la raison serait qu'on renonce (...). J'ai même proposé une voie alternative qui est la voie européenne", qui puisse "convaincre nos partenaires de faire un emprunt ensemble".

"Dans le débat, j'allais presque dire combat, qui a lieu aujourd'hui à l'intérieur du pouvoir actuel entre des gens comme Michel Rocard et Alain Juppé qui disent +s'ils vous plaît soyez raisonnables+ et qui évoquent des chiffres de 20/30 milliards+ (...) et d'autres qui disent +il faut 100 milliards+, nous sommes du côté des raisonnables", a rappelé le Président du Mouvement Démocrate.

"J'ai l'impression depuis le début que François Fillon est du côté des raisonnables, pas des déraisonnables. Je n'ai pas eu l'impression qu'il y avait contradiction entre sa pensée et ce que je développais comme analyse", a conclu François Bayrou.

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Mercredi 4 novembre 2009
François Bayrou

François Bayrou, député des Pyrénées-Atlantiques, a voté contre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2010, mardi 3 novembre, à l'Assemblée nationale.

Malgré l'adoption en première lecture du projet de loi (316 voix contre 218), un déficit record de 30,6 milliards d'euros des comptes de la Sécurité sociale est prévu pour l'année prochaine.

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Mardi 3 novembre 2009
François Bayrou

François Bayrou a déclaré, lundi 2 novembre, qu'il envisage de faire appel du jugement du tribunal administratif qui a validé l'arbitrage entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais ; ce jugement contraint l'Etat à verser 285 millions d'euros à l'ancien homme d'affaires.

"La probabilité, c'est que nous ferons appel", a précisé le Président du Mouvement Démocrate, ajoutant : "nous étudions en détail le jugement pour voir quels sont les arguments qu'on peut faire valoir en appel".

Le jugement rendu début octobre a ouvert "une porte tout à fait positive". "Charles de Courson et moi-même avons été déclarés recevables" par le tribunal, mais "nous savions depuis le début que c'était une oeuvre de longue haleine", a encore affirmé François Bayrou.

Il a conclu en considérant que "ce n'est pas Tapie le problème, le problème c'est l'Etat qui a pris cette décision".

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Samedi 31 octobre 2009
Jean-Luc Bennahmias

Jean-Luc Bennahmias, député européen et vice-président du Mouvement Démocrate, a réagi sur la politique migratoire envisagée au niveau européen :

"Suite à l'annonce par le président Nicolas Sarkozy de l'organisation prochaine de vols groupés pour des opérations communes de reconduite au niveau européen, je souhaite exprimer ma grande colère.

Cette décision fait suite à une action de lobbying intense menée conjointement par la France et le gouvernement italien de M. Silvio Berlusconi.

Elle vise à développer la coopération avec la Libye et la Turquie, par des accords favorisant le renvoi des demandeurs d´asile vers ces pays, lorsque ces derniers y ont transité.

Je considère pour ma part que cette logique est scandaleuse, dès lors que l´Union européenne, tout comme la France, ont un devoir d´accueil de ces populations en grand danger.

Faut-il rappeler à MM. Sarkozy et Berlusconi que la Libye n’a toujours pas signé la Convention de Genève relative au statut des réfugiés, et que le Haut Commissariat pour les Réfugiés n’est pas officiellement présent dans ce pays ? Que la Turquie, pourtant signataire de la Convention de Genève, ne l’applique pas aux demandeurs d’asile qui viennent de certains pays avoisinants, notamment l’Irak et l’Iran ? Faut-il comprendre que les immigrés clandestins seront massivement « livrés » à des pays qui foulent au pied la dignité et les droits humains les plus élémentaires ? Au même titre, la froide planification de vols charters à destination de l’Afghanistan, en guerre, est criminelle et écœurante.
 
Plus qu´un effet d´annonce : c´est l´ensemble de la politique migratoire française et européenne qu´il est urgent de refonder.

Le droit d´asile est une source de fierté. Aujourd´hui, j´ai honte."

Par bayrou62 - Publié dans : Mouvement Démocrate - Communauté : François BAYROU
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